Cumul intérim et congés payés : ce que dit vraiment la loi en 2025
Non, il est interdit de travailler en intérim pendant ses congés payés.
- Basé sur l’article D3141-2 du Code du travail.
- Risque de licenciement pour faute grave sans indemnités.
- Amende de 1 500 € pour le salarié contrevenant.
- L’employeur risque une amende de 7 500 €.
- Détection possible via un contrôle URSSAF.
Interdiction légale de travailler pendant ses congés payés (même en intérim)
- Article D3141-2 du Code du travail : ce texte établit une interdiction formelle pour tout salarié d’exercer une activité rémunérée pendant ses congés payés.
- Valable CDI, CDD et intérimaires : la règle s’applique à tous les contrats sans distinction, y compris les missions d’intérim.
- Protège santé physique et mentale : l’interdiction vise à garantir un repos effectif et à prévenir l’épuisement professionnel.
- 2,5 jours ouvrés acquis par mois : c’est le rythme auquel vous accumulez vos droits aux congés payés.
- 5 semaines de congés annuels légaux : la durée totale des congés auxquels tout salarié a droit chaque année.
Cumul emplois et travail : que risque le salarié intérimaire ?

Travailler en intérim pendant ses congés payés expose le salarié à un triple front de sanctions. Sur le plan professionnel, l’employeur peut prononcer un licenciement pour faute grave, sans préavis ni indemnités. Côté financier, le salarié s’expose à une amende de 1 500 € pour travail dissimulé.
L’employeur qui embauche un intérimaire en congés paie une amende de 7 500 €. Un contrôle URSSAF peut également détecter ce cumul et réclamer des dommages et intérêts à reverser à l’assurance chômage. Le non-respect de l’interdiction relève d’une amende de 5e classe, soit une sanction pénale ajoutée aux risques professionnels et financiers.
Sanctions et risques juridiques pour le salarié et l’employeur
| Type de sanction | Salarié concerné | Employeur contrevenant |
|---|---|---|
| Sanction disciplinaire | Licenciement pour faute grave possible | Rupture du contrat de travail à l’initiative du salarié |
| Amende pénale | Jusqu’à 1 500 € | Jusqu’à 7 500 € (amende de 5e classe) |
| Remboursement | Dommages et intérêts à l’assurance chômage | Remboursement des indemnités de congés payés perçues |
| Contrôle URSSAF | Détection du cumul illégal via la Déclaration Sociale Nominative | Redressement et pénalités financières |
En cas de contrôle, le salarié intérimaire s’expose à un triple front de sanctions : professionnel (licenciement), financier (amende) et pénal (contravention). L’employeur qui embauche un salarié en congés payés n’est pas épargné : il peut être condamné à verser des dommages et intérêts à l’assurance chômage et à rembourser les indemnités de congés payés que le salarié avait perçues.
Les montants d’amende peuvent atteindre 1 500 € pour le salarié et 7 500 € pour l’employeur contrevenant. À cela s’ajoute le risque d’un licenciement pour faute grave, qui prive le salarié de ses indemnités de départ et peut compromettre ses droits au chômage.
Exceptions à l’interdiction vendanges et micro-entrepreneur
Exception vendanges : le seul contrat explicitement autorisé
Le Code du travail prévoit une seule et unique dérogation officielle à l’interdiction de travailler pendant ses congés payés : le contrat vendanges. Cette exception, très encadrée, permet à un salarié en congés d’effectuer une mission temporaire dans le secteur viticole.
- Nécessite accord écrit de l’employeur l’employeur principal doit donner son autorisation expresse par écrit avant le début de la mission
- Déclaration obligatoire à l’assurance chômage l’agence d’intérim ou l’employeur saisonnier doit déclarer le contrat auprès de France Travail
- Période limitée aux vendanges uniquement la mission doit correspondre strictement à la période de récolte du raisin, ni plus ni moins
- Non extensible à d’autres secteurs cette dérogation ne peut pas être invoquée pour des missions dans l’agriculture classique, le bâtiment ou tout autre domaine
Concrètement, un intérimaire en congés payés peut accepter un contrat de vendanges à condition d’avoir l’accord écrit de son employeur principal et de respecter une durée strictement limitée à la période des vendanges. En dehors de ce cadre précis, la règle reste l’interdiction totale.
Exception auto-entrepreneur : possible sous conditions strictes
Pour les salariés ayant une activité complémentaire en micro-entreprise, la situation est plus nuancée. Travailler en tant qu’auto-entrepreneur pendant ses congés payés n’est pas totalement interdit, mais des conditions rigoureuses s’appliquent.
- Activité compatible avec clause d’exclusivité vérifiez votre contrat de travail : si une clause d’exclusivité interdit toute activité annexe, même en micro-entreprise, vous ne pouvez pas travailler pendant vos congés
- VDI ou micro-entreprise seulement seuls les statuts de VDI (Vendeur à Domicile Indépendant) ou de micro-entrepreneur sont potentiellement acceptables, à condition de ne pas concurrencer l’employeur principal
- Congé sans solde : possible mais risqué certains salariés choisissent de poser un congé sans solde pour cumuler deux activités, mais ce montage expose à un risque de licenciement pour faute grave si l’employeur le découvre
- Loyauté envers l’employeur principal exigée l’obligation de loyauté s’applique même en congés : vous ne pouvez pas utiliser les ressources, les fichiers clients ou le matériel de votre employeur principal
Pratiquement, un intérimaire qui exerce en parallèle une activité de micro-entrepreneur (par exemple, prestations de services en ligne ou petit artisanat) peut continuer à travailler pendant ses congés payés, à condition que son contrat d’intérim ne contienne aucune clause d’exclusivité et que cette activité secondaire ait été déclarée à l’URSSAF. En cas de contrôle, l’absence de déclaration peut entraîner une amende de 1 500 € pour le salarié.
Cumul d’emplois et travail pour un autre employeur pendant les congés
L’interdiction de travailler pendant ses congés payés s’applique également à tout autre employeur. Un salarié ne peut pas accepter une mission d’intérim pour une entreprise différente durant cette période. Cette règle découle directement de l’obligation de loyauté envers l’employeur principal.
Le cumul d’un CDI avec une mission d’intérim pendant les vacances est donc prohibé. La loi considère que les 5 semaines de congés annuels sont un droit à un repos ininterrompu. Travailler ailleurs pendant ce temps rompt ce principe et expose le salarié à des sanctions.
Une déclaration préalable de toute activité secondaire auprès de l’URSSAF est obligatoire. En cas de contrôle, l’absence de déclaration peut entraîner des redressements. Privilégiez un congé sans solde si vous souhaitez exercer une autre activité temporaire.
FAQ : travailler en intérim pendant ses congés payés
Puis-je accepter une mission d’intérim pendant mes congés payés ?
Non, c’est strictement interdit par la loi. Vos congés payés sont un repos obligatoire, et toute activité rémunérée, y compris l’intérim, est prohibée sous peine de sanctions.
Est-il permis de travailler pour une autre entreprise pendant ses vacances ?
Non, c’est interdit sauf exceptions très limitées. Un contrat avec un autre employeur durant vos congés est considéré comme une fraude et peut entraîner une rupture de votre contrat principal.
Quelles sont les conséquences si je travaille pendant mes congés payés ?
Vous risquez un licenciement pour faute grave de votre employeur principal, le remboursement immédiat de vos indemnités de congés, et des sanctions pénales pour travail dissimulé.
Le contrat vendanges est-il la seule exception officielle ?
Oui, c’est l’unique exception légale explicite. Les contrats de vendanges sont autorisés pendant vos congés, mais ne concernent que les activités agricoles saisonnières de récolte du raisin.
