Qui paye le salaire en accident de travail : CPAM ou employeur ?
La CPAM paie vos indemnités journalières dès le premier jour sans carence.
- L’employeur paie le salaire du jour de l’accident et des 2 jours suivants.
- La CPAM verse 60 % du salaire de référence pendant les 28 premiers jours.
- À partir du 29e jour, l’IJ passe à 80 % du salaire de référence.
- Un complément employeur permet de maintenir le salaire à 100 % du net.
- L’employeur doit déclarer l’accident à la CPAM sous 48 heures.
Montant et calcul des indemnités journalières (IJ) en accident de travail
| Période | Taux IJ | Plafond journalier (brut) |
|---|---|---|
| Jusqu’au 28e jour | 60 % du salaire de référence | 320,66 € |
| À partir du 29e jour | 80 % du salaire de référence | 240,49 € |
L’indemnité journalière (IJ) versée par la CPAM est calculée à partir de votre salaire brut mensuel, qu’il faut diviser par 30,42. Ce résultat correspond au salaire journalier de base. Par exemple, un salaire brut de 1 800 € donne un salaire journalier d’environ 59,17 € ; l’IJ pendant les 28 premiers jours sera alors de 35,50 € (60 %). Au-delà, elle passe à 47,34 € (80 %). Ces montants nets sont obtenus après une déduction forfaitaire de 21 % représentant les cotisations sociales non prélevées.
Contrairement à un arrêt maladie classique, l’accident de travail ouvre droit aux IJ dès le premier jour suivant l’arrêt, sans délai de carence. La CPAM vous verse ces indemnités directement, sans attendre la fin de votre arrêt. Si les soins liés à l’accident sont pris en charge à 100 %, le plafond des IJ reste celui du tableau ci-dessus. Pour un salaire élevé, l’IJ brute ne dépassera jamais les 320,66 € les 28 premiers jours, ni les 240,49 € à compter du 29e jour.
Obligations et rôle de l’employeur dans le paiement du salaire

L’employeur doit payer intégralement le salaire le jour de l’accident ainsi que les 2 jours suivants (soit 80 % du salaire maintenu). Il n’a pas à attendre la CPAM pour ce premier versement.
Ensuite, l’employeur doit déclarer l’accident à la CPAM sous 48 heures via le formulaire Cerfa S6201. Il remet une feuille d’accident au salarié et fournit une attestation de salaire obligatoire pour que la CPAM calcule les indemnités journalières.
Si l’employeur émet des réserves sur le caractère professionnel de l’accident, il dispose d’un délai de 10 jours à compter de la déclaration. Passé ce délai, la CPAM a 30 jours pour qualifier ou non l’accident du travail.
Complément employeur : comment être payé à 100 % en accident de travail
Pour éviter la perte de revenus, le complément employeur permet de maintenir votre salaire à 100 % du net habituel. Ce dispositif vient s’ajouter aux indemnités journalières versées par la CPAM, qui couvrent 60 % du salaire brut les 28 premiers jours, puis 80 % après cette période. Attention, ce complément n’est pas automatique : il est soumis à des conditions précises.
- Ancienneté de 1 an minimum dans l’entreprise pour pouvoir prétendre à ce maintien de salaire.
- Complément jusqu’à 100 % du salaire : l’employeur verse la différence entre les IJ versées par la Sécurité sociale et votre rémunération nette habituelle. Ainsi, vous ne subissez aucune perte de revenus.
- Pas pour saisonniers ou intérimaires : ces salariés ne bénéficient pas du complément employeur légal ; seules les indemnités journalières de la CPAM leur sont versées, sans possibilité de maintien de salaire.
- Prévoyance d’entreprise peut relayer : au-delà des obligations légales, certaines conventions collectives ou contrats de prévoyance collective prennent en charge un complément supplémentaire, permettant d’atteindre le 100 % du salaire pendant toute la durée de l’arrêt.
- Obligation suspendue si faute inexcusable : si l’accident est dû à une faute inexcusable de l’employeur, celui-ci peut être dispensé de verser le complément, tandis que la CPAM assure toujours le paiement des indemnités journalières.
Pour bénéficier de ce dispositif, le salarié doit impérativement fournir à son employeur le certificat médical d’arrêt de travail dans les 48 heures. L’employeur, de son côté, doit transmettre l’attestation de salaire à la CPAM dans un délai de 48 heures après l’arrêt. Sans cette attestation, le calcul des indemnités journalières est retardé, et le complément employeur ne peut être versé.
Conditions pour percevoir les IJ : délais, carence et durée
Délais de versement et durée des IJ
- IJ versées dès le 1er jour suivant l’arrêt, sans attendre la guérison.
- Sans délai de carence : contrairement à un arrêt maladie classique, vous êtes payé immédiatement.
- Jusqu’à guérison ou consolidation : le versement se poursuit tant que l’état de santé nécessite l’arrêt.
- CPAM paie jusqu’à la fin d’arrêt : l’employeur n’intervient que pour le jour de l’accident.
En pratique, la CPAM verse les indemnités journalières à partir du premier jour qui suit l’accident. Il n’y a aucun délai de carence, contrairement à un arrêt maladie classique où les premiers jours ne sont pas indemnisés. Le versement se poursuit jusqu’à la guérison complète ou la consolidation de l’état de santé (date à partir de laquelle les séquelles sont stabilisées). Si l’arrêt se prolonge, la CPAM reste le payeur principal sur toute la durée, sans limitation de temps tant que les conditions médicales sont remplies.
Conditions administratives et comportementales
Pour percevoir les IJ, vous devez informer votre employeur dans les 24 heures suivant l’accident, et l’employeur doit déclarer l’accident à la CPAM sous 48 heures. Un certificat médical détaillant l’arrêt de travail est obligatoire. Enfin, vous devez respecter les horaires de sortie fixés par le médecin : toute absence non autorisée pendant ces créneaux peut entraîner la suspension du versement des indemnités. La CPAM dispose de 30 jours pour qualifier l’accident du travail si aucune réserve n’est émise par l’employeur.
Définition et qualification de l’accident du travail
Un accident du travail se définit par un événement soudain survenu par le fait ou à l’occasion du travail. Deux conditions doivent être réunies : un fait accidentel et un lien avec l’activité professionnelle.
Le cadre professionnel inclut le lieu de travail, mais aussi l’accident de trajet (domicile-travail ou travail-restauration). Contrairement à une maladie professionnelle, l’accident du travail ne nécessite ni condition d’immatriculation ni durée d’emploi préalable.
La CPAM dispose de 30 jours pour qualifier l’accident si l’employeur n’émet pas de réserves. En l’absence de reconnaissance, l’affaire peut être examinée par le pôle social du tribunal judiciaire. La prise en charge à 100 % des soins liés à l’accident est automatique dès la qualification.
Questions fréquentes sur le paiement du salaire en accident de travail
Comment la CPAM paye-t-elle en accident de travail ?
La CPAM verse les indemnités journalières (IJ) directement sur votre compte bancaire ou postal. Le paiement est effectué tous les 14 jours, après un délai de carence d’un jour. Le montant correspond à 60 % du salaire journalier de base les 28 premiers jours, puis 80 % à partir du 29e jour.
Comment atteindre 100 % du salaire en accident de travail ?
Pour atteindre 100 % de votre salaire net, votre employeur doit verser un complément employeur. Ce maintien de salaire est obligatoire selon la convention collective ou le code du travail. L’employeur complète les IJ de la CPAM pour couvrir la différence entre 60 % ou 80 % et votre rémunération habituelle.
Qui paie le salaire entre la CPAM et l’employeur ?
La CPAM paie les indemnités journalières, tandis que l’employeur assure le complément salarial. Les deux organismes se partagent le paiement : la CPAM verse la part légale (IJ), et l’employeur ajoute un complément pour atteindre le maintien total du salaire, selon les règles conventionnelles ou légales.
Comment s’effectue le paiement du salaire pendant l’arrêt ?
Pendant l’arrêt, votre salaire est payé en deux parties. La CPAM vous verse les IJ tous les 14 jours. Simultanément, l’employeur vous paie chaque mois le complément employeur, souvent par la même voie que votre salaire habituel. Le total correspond généralement à 100 % de votre rémunération nette.
