Peut-on travailler en intérim pendant ses congés payés : la réponse légale en 2025
Non, travailler en intérim pendant ses congés payés est interdit.
- Interdiction posée par l’article D3141-2 du Code du travail.
- Principe d’ordre public, même avec l’accord de l’employeur.
- Licenciement pour faute grave sans préavis ni indemnités.
- Amende de 1 500 euros pour contravention de 5e classe.
- Dommages-intérêts au moins égaux aux indemnités perçues.
- Seule exception : le contrat vendanges (article L718-6).
L’interdiction légale de travailler pendant ses congés payés
La réponse est claire : non, un salarié ne peut pas travailler pendant ses congés payés. L’article D3141-2 du Code du travail interdit tout travail rémunéré durant cette période, y compris en intérim. Les congés sont définis par l’article D3141-1 comme un temps de repos et de détente obligatoire pour le salarié.
Ce principe est d’ordre public : il s’impose à tous les salariés du privé comme aux fonctionnaires. Même avec l’accord de votre employeur, l’interdiction ne peut pas être contournée. Un arrêt de la CJCE de 2006 a confirmé que ce repos obligatoire ne souffre aucune dérogation possible.
Chaque salarié acquiert 2,5 jours de congés payés par mois de travail effectif. Ces jours doivent être consacrés au repos, sans aucune activité salariée. Travailler en intérim pendant cette période vous expose donc à des sanctions, sur lesquelles il faut se pencher avant de prendre une décision.
Sanctions et risques encourus par le salarié qui travaille pendant ses congés

Travailler en intérim pendant ses congés payés n’est pas un simple manquement administratif. Les conséquences peuvent toucher directement votre emploi, votre rémunération et votre avenir professionnel. Mieux vaut les connaître avant de prendre la décision.
La loi prévoit un panel de sanctions qui se cumulent selon la gravité des faits. Voici les principaux risques auxquels s’expose un salarié qui exerce une activité rémunérée durant ses congés.
- Amende de 1 500 euros pour contravention de 5e classe
- Licenciement pour faute grave, rupture immédiate sans préavis ni indemnités
- Dommages-intérêts d’un montant minimum égal aux indemnités perçues
- Manquement à l’obligation de loyauté envers l’employeur, motif autonome de sanction
- Versement des dommages-intérêts au régime d’assurance chômage
Le licenciement pour faute grave reste le risque le plus lourd. Il prive le salarié de son préavis, de son indemnité de licenciement et, surtout, de son accès à l’allocation chômage dans de nombreux cas. La jurisprudence se montre de plus en plus sévère face à ces situations.
Sur le plan financier, vous ne percevez pas seulement une amende. L’employeur peut réclamer des dommages-intérêts dont le montant ne peut pas être inférieur aux indemnités de congés payés que vous avez perçues. Cette somme est ensuite reversée au régime d’assurance chômage.
Enfin, le simple fait d’occuper un autre emploi pendant vos congés constitue un manquement à l’obligation de loyauté. Ce manquement peut être invoqué même en l’absence de préjudice prouvé pour l’employeur. Il suffit que le salarié ait exercé une activité rémunérée alors qu’il devait se consacrer à son repos.
Le contrat vendanges : la seule exception légale explicite
Le contrat vendanges est la seule dérogation expressément prévue par la loi. Elle figure à l’article L718-6 du Code rural et de la pêche maritime. Ce texte autorise un salarié en congés payés à participer aux vendanges, à condition de respecter une procédure stricte.
Cette tolérance reste une exception encadrée. En dehors de ce cadre précis, tout travail rémunéré pendant les congés payés demeure interdit, quelle que soit la durée de la mission.
Les conditions à remplir
Pour bénéficier de cette dérogation, plusieurs obligations doivent être respectées. Le non-respect d’une seule d’entre elles fait perdre le bénéfice de l’exception.
- Accord préalable employeur habituel : indispensable avant de signer tout engagement
- Contrat travailleur saisonnier requis : formalisé selon le cadre légal des vendanges
- Ouvert salariés privé et fonctionnaires : le dispositif s’applique aux deux secteurs
- Unique exception prévue par la loi : aucune autre activité rémunérée ne bénéficie de ce régime
Pourquoi cette exception existe
Le législateur a voulu concilier deux impératifs : la protection du droit au repos du salarié et les besoins urgents de main-d’œuvre du secteur viticole. Les vendanges se déroulent sur une période très courte et nécessitent une mobilisation rapide. Ce caractère saisonnier justifie un traitement particulier.
Sans accord écrit de l’employeur principal, un salarié qui part vendanger pendant ses congés s’expose aux mêmes sanctions qu’une activité non autorisée. L’accord doit être obtenu avant le début de la mission, pas après.
Même encadré, le cumul ne doit pas dépasser les limites légales de durée du travail. Un salarié ne peut pas travailler plus de 48 heures par semaine toutes activités confondues, ni plus de 10 heures par jour. Ces plafonds protègent la santé et la sécurité du travailleur pendant la période estivale.
Le statut auto-entrepreneur ou indépendant pendant les congés payés
Activité indépendante créée avant les congés payés
La question divise les juristes : le Code du travail interdit tout travail rémunéré pendant les congés payés, sans distinguer clairement le salariat de l’activité indépendante. Une zone d’ombre juridique subsiste donc pour l’auto-entrepreneur. La prudence commande de retenir un principe simple : une activité indépendante créée avant la période de congés et déclarée en bonne et due forme est généralement tolérée, à condition qu’elle reste accessoire et qu’elle ne porte pas atteinte à l’obligation de loyauté envers l’employeur.
À l’inverse, lancer une activité pendant les congés pour la facturer immédiatement expose à une requalification et à des dommages-intérêts, y compris sans contrat de travail formel avec un client. Le risque n’est pas théorique : la jurisprudence se montre de plus en plus stricte sur le respect du repos obligatoire.
Restrictions contractuelles à vérifier avant de se lancer
Avant toute initiative, contrôlez votre contrat de travail et vos obligations générales :
- Clause d’exclusivité dans le contrat de travail, qui interdit toute autre activité rémunérée
- Obligation de loyauté envers l’employeur, applicable même hors temps de travail
- Déclaration préalable d’activité obligatoire auprès de l’URSSAF ou du greffe compétent
- Risque de dommages-intérêts maintenu si l’activité cause un préjudice à l’employeur
Si votre contrat comporte une clause d’exclusivité, aucune activité indépendante n’est possible sans accord écrit de l’employeur. En son absence, l’activité reste envisageable mais doit demeurer discrète et non concurrente.
Le congé sans solde comme alternative légale au cumul
Si vous souhaitez absolument exercer une autre activité pendant une période chômée, sachez que le congé sans solde constitue l’option la plus sûre. Contrairement aux congés payés, ce dispositif suspend temporairement votre contrat de travail. Vous cessez alors de percevoir votre salaire, mais vous recouvrez votre liberté pour travailler ailleurs, y compris en intérim.
Concrètement, l’employeur n’a plus à vous verser de rémunération pendant cette durée. Cette formule est souvent privilégiée pour tester un nouveau métier ou entamer une reconversion professionnelle sans quitter définitivement son poste. Pour les missions courtes, rappelez-vous que l’indemnité compensatrice de congés payés représente au minimum 10 % de votre rémunération brute totale.
Avant de vous lancer, vérifiez toutefois les restrictions de votre contrat initial, notamment une éventuelle clause de non-concurrence. Si cette clause vous interdit de rejoindre un employeur rival, elle s’applique même durant un congé sans solde. Dans le cas contraire, vous pouvez cumuler sereinement vos activités, dans la limite de 48 heures par semaine et 10 heures par jour.
Risques et sanctions pour l’employeur qui emploie un salarié en congés
Un employeur qui recrute un salarié en congés payés, que ce soit en intérim ou dans le cadre d’un autre contrat, s’expose à des conséquences lourdes. Le non-respect du droit au repos du salarié n’est pas une simple formalité administrative : c’est une infraction qui peut déclencher des poursuites pénales, des sanctions de l’inspection du travail et des condamnations financières.
| Type de risque | Sanction encourue | Autorité compétente |
|---|---|---|
| Infraction pénale | Amende de 1 500 euros (contravention 5e classe) | Tribunal de police |
| Contrôle du travail | Sanctions administratives, rappel de droits | Inspection du travail |
| Dommages-intérêts | Versement au salarié lésé | Conseil de prud’hommes |
| Heures supplémentaires | Majorations dues sur les heures effectuées | Conseil de prud’hommes |
Le risque pénal et administratif
L’employeur qui fait travailler un salarié pendant ses congés commet une infraction à l’article D3141-2 du Code du travail. Cette contravention de 5e classe est passible d’une amende pouvant atteindre 1 500 euros. L’inspection du travail peut également intervenir et dresser un procès-verbal, ce qui expose l’entreprise à des sanctions administratives supplémentaires.
Les dommages-intérêts et les rappels de salaire
Au-delà de l’amende, l’employeur risque de verser des dommages-intérêts au salarié dont le droit au repos a été bafoué. Le montant est au minimum égal aux indemnités de congés payés perçues. L’employeur peut aussi devoir payer les heures supplémentaires majorées réalisées pendant cette période.
Enfin, si le salarié cumule deux emplois, il ne doit jamais dépasser 48 heures par semaine toutes activités confondues, ni 10 heures par jour. L’employeur qui ferme les yeux sur ce dépassement engage aussi sa responsabilité.
Cumul d’emplois préexistant : ce que tolère la jurisprudence
Vous occupez déjà un second emploi avant de partir en congés payés ? La situation change tout. La jurisprudence admet la poursuite d’une activité accessoire antérieure aux congés, à condition qu’elle ait été déclarée et acceptée par l’employeur principal.
| Condition du cumul | Limite applicable | Conséquence si dépassement |
|---|---|---|
| Durée hebdomadaire toutes activités | 48 heures maximum | Sanction disciplinaire et pénale |
| Durée quotidienne toutes activités | 10 heures par jour | Manquement au repos obligatoire |
| Clause d’exclusivité au contrat | Aucune activité tolérée | Licenciement pour faute |
| Travail chez un concurrent | Interdit sans accord écrit | Rupture pour déloyauté |
Pourquoi la poursuite est tolérée et non l’activité nouvelle
La distinction repose sur l’obligation de loyauté. Une mission exercée bien avant les congés n’a pas été organisée pour contourner la règle du repos. Le salarié ne fait que continuer un rythme déjà accepté par son employeur.
À l’inverse, une mission d’intérim démarrée pendant la période de congés constitue un travail rémunéré nouveau, expressément interdit. La Cour de cassation sanctionne systématiquement cette situation.
Deux réflexes s’imposent : vérifier l’absence de clause d’exclusivité dans votre contrat, et vous assurer que le cumul reste dans les plafonds de 48 heures hebdomadaires et 10 heures par jour. Le dépassement expose à une sanction disciplinaire, même si l’activité était légitime au départ.
